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13/02/2017

L’expérience de la "sainte Prière"

 

« Le constaJ. Boehme.jpgnt souci de Boehme, tout au long de son existence en ce monde, fut de se demander comment il fallait procéder pour remettre l'homme dans le chemin de retour vers sa véritable nature, comment faire de manière à ce que les créatures puissent enfin retrouver le lien qui les unit et les rattache à la Divinité ?

Afin de guider ses disciples dans cette spirituelle "alchimie cardiaque", Boehme leur indiquera différents moyens, différentes méthodes pratiques et concrètes pouvant nourrir leur vie intérieure. Mais il insistera plus particulièrement sur l'exercice de la "sainte prière", c'est-à-dire la juste et parfaite manière de s'adresser à Dieu et de disposer son esprit au doux entretien.

Pour ce faire, ce qui est peu connu, il écrira, en 1623, une court traité consacré entièrement au sujet, qu'il intitulera De la sainte prière conçue pour tous les jours de la semaine, certes mince de par le nombre de pages qu'il contenait, mais cependant d'un caractère très utile pour les âmes désireuses de progresser dans la voie du perfectionnement. Et ce texte est un réel traité méthodique et pratique.

Il indique dans ce texte, qui préfigure l’attitude de Saint-Martin dans son rejet des "méthodes externes", qu'il n'est « pas besoin d’user beaucoup de paroles, et que l’âme se jette sérieusement entre les bras de la miséricorde de Dieu, de la compassion divine ; car un seul soupir coopère avec Dieu, lorsque la volonté est pure devant lui, et qu’elle a dépouillé l’habit terrestre... » (De la sainte prière conçue pour tous les jours de la semaine, § 36.)

L’ultime secret, par delà la réconciliation et le retour de l’âme à sa coopération avec le divin, sa participation active, dès ici-bas à la vie divine – objet qui est bien celui de toute la perspective effective de la voie initiatique authentique – c’est de faire l’expérience intime, au sein de la nuit de l’esprit, que si Dieu est voilé, caché, c'est qu'en réalité il est dissimulé dans sa génération. C’est ce qu’exprime, traduit par Saint-Martin, ce passage magnifique du premier ouvrage de Boehme : « Dieu est caché dans le centre, dans la génération la plus intérieure » (L'Aurore Naissante, XIX, 65).

Et cette génération la plus intérieure de Dieu, invisiblement, se produit dans le Ciel de l'âme.

Or, la grande vérité ineffable, est la suivante : c’est dans ce Saint Sanctuaire que Dieu naît éternellement ! »  

(Réponse aux lecteurs, le 19 février 2012)