Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/10/2018

Le divin engendrement de Dieu dans l’âme

A lire :

 

Le mystère de l’Église intérieure ou la « naissance » de Dieu dans l’âme

Le cœur métaphysique et ontologique

de la doctrine saint-martiniste

Jean-Marc Vivenza

 

jb11.jpg

« Dieu n’est rien. Dieu est vraiment néant, et s’il est quelque chose,

Il ne l’est qu’en moi seul, quand il m’élit pour Lui. »

 

Angélius Silesius, Pèlerin chérubinique (I, § 200)

 

Extrait d’un texte de Jacob Boehme, mentionné au chap. III de l’ouvrage, portant sur « La naissance de la Divinité dans l’âme à partir du "néant" » :

 

« Mais nous ne pouvons dire par contre que le monde extérieur est Dieu ou le Verbe parlant, lequel existe en soi sans avoir besoin d’un tel être, pas plus que ne l’est l’homme extérieur ; mais tout cela n’est que le Verbe exprimé qui, en se ressaisissant lui-même (pour parler lui-même), s’est ainsi coagulé et reste coagulé avec les quatre éléments, grâce à l’esprit du désir (ou des étoiles) et pénètre dans une telle existence et vie, de même que le Verbe éternellement parlant accomplit en lui un Mystère (qui est spirituel), lequel Mystère représente la cellule-mère de la nature éternelle, étant donné que le Verbe éternellement parlant s’engendre et crée en lui-même un monde spirituel, de la même manière que nous sommes, dans le Verbe exprimé, un monde matériel. Car je dis que le monde intérieur est le ciel dans lequel habite Dieu et que le monde extérieur est exprimé à partir du monde intérieur et qu’il a une autre origine que le monde intérieur et que pourtant il provient de ce dernier. Il a été exprimé à partir du monde intérieur (par un mouvement du Verbe éternellement parlant), et a été posé entre un commencement et une fin. Et le monde intérieur se trouve dans le Verbe éternellement parlant : le Verbe éternel l’a de toute éternité fait passer en Être — et ceci est un grand Mystère — à partir de sa force, de sa couleur et de sa vertu (grâce à la sagesse) ; lequel être n’est d’ailleurs autre qu’une exhalation du Verbe dans la sagesse, Verbe qui possède en lui-même (pour sa génération) son ressaisissement et avec ce saisissement se coagule également et prend des formes, semblablement à la génération du Verbe éternel ; de même que les forces, couleurs et vertus s’engendrent dans le Verbe (par la sagesse) ou, si je puis m’exprimer ainsi, naissent de la sagesse dans le Verbe. C’est pourquoi aux yeux de Dieu rien n’est près et rien n’est loin, un monde est dans l’autre et tous ne représentent pourtant que le monde unique ; mais l’un est spirituel, l’autre est corporel, de même que l’organisme et l’âme sont l’un dans l’autre, de même qu’également le temps et l’éternité ne sont qu’une seule et même chose, mais avec des commencements différents. Le monde spirituel à l’intérieur a un commencement éternel et l’extérieur un temporel : Chacun a sa naissance en soi ; mais le Verbe éternellement parlant règne partout et ne veut se laisser étreindre ni saisir par le monde spirituel pas plus que par le monde extérieur au point de s’arrêter. Il agit d’éternité en éternité et c’est son produit qui est saisi. Car ce dernier est le Verbe qui a pris forme et le principe agissant est sa vie - donc insaisissable - car il est hors de tout être, il est uniquement une intelligence ou une force qui pénètre dans des êtres. Dans le monde intérieur spirituel le Verbe se saisit pour former un être spirituel qui se présente comme un élément unique dans lequel quatre éléments sont latents. Mais lorsque Dieu en tant que Verbe, a agité cet élément unique, ces propriétés latentes se sont révélées et sont apparues comme les quatre éléments. »

(Jacob Boehme, Mysterium Magnum, II, 7-11).

 

 

 

Extrait d’un entretien avec Jean-Marc Vivenza, intitulé: “Faire naître Dieu en nous, selon Louis-Claude de Saint-Martin. »

Accessible sur la chaîne : Baglistv

 

 

 

« j’ai contemplé le grand abîme de ce monde »

 

jb01.jpg

 

« J’ai regardé moi-même comme le seul véritable ciel ce qui s’étend en une circonférence (…) Mais comme ceci m’a attiré plusieurs chocs violents, … à la fin je suis tombé dans une profonde mélancolie et dans la tristesse, lorsque j’ai contemplé le grand abîme de ce monde. (…) »

Jacob Boehme, l’Aurore Naissante (16), § 19, « Du ciel créé, et de la forme de la terre et de l’eau en outre, de la lumière et des ténèbres. »